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De la fenêtre de l'appartement de mon ami Jean-Michel, Paris 15ième

De la fenêtre de l’appartement de mon ami Jean-Michel, Paris 15ième

 

 

Dieu joue au morpion au dessus de nos têtes, c’est dire s’il nous considère ! Il doit s’ennuyer. En fait ce sont les traînées de condensation que laissent dans leurs sillages les avions de passage. Il y en a un paquet, le ciel s’est transformé en un vaste combat aérien en suspend. Ses combattants ont disparu, partis en fumée, avalés par des destinations lointaines et mystérieuses. Restent la trace de leurs exploits. Aucune trajectoire révèle une quelconque chute, pas de destin funeste, pas de fin tragique donc, juste un quadrillage du ciel qui se fait plus menaçant de minute en minute par son extension, une invasion minutieuse et sournoise de l’espace, inéluctable.

Il paraît que ces trainées de condensation disparaissent rapidement par sublimation, sauf si l’esprit, terre à terre, englué, s’y attache. Elles deviennent alors pour les natures contemplatives la concrétion des nébuleuses du passé et pèsent de tout le poids du souvenir sur la vacuité du présent.

Refermer la fenêtre, s’en détourner pour se plonger dans l’écran pixelisé de la télé, serait faire insulte à la nuit qui chaque soir réussit si bien à faire le deuil de toute nostalgie.

Il est 20h, je vais louper le J.T.

 

 

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